J'ai été frappée à quel point les deux derniers films d'horreur que j'ai vus sont aux antipodes de la réussite à mon goût. Alors comme j'aime bien opposer des films qui n'ont pas toujours grand chose à voir à priori, c'est parti pour le match Jusqu'en enfer (Sam Raimi - dispo blu-ray/ DVD) et Freddy, la nouvelle mouture encore au cinéma, par Samuel Bayer. Sam VS Sam, J.E.F. VS Freddy, une vraie baston de mâles maudits :
Au niveau attente, les deux ne partaient pas au même niveau pour moi. Bien que Jusqu'en enfer m'évoquait un peu un nanard par son affiche, son réalisateur rassure un peu et je me méfiais bien plus d'une einième resucée de Freddy. Mais autant j'ai pu avoir de bonnes surprises en partant de mauvais à-priori (je suis ouverte là-dessus), autant pour le coup...
Pourtant, si Freddy ne promet pas de grandes surprises, JEF ne table pas non plus sur une intrigue super originale. Christine Brown, employée d'une banque, est bien trop gentille mais brigue une promotion. Elle se "force" donc à refuser la prolongation de prêt d'une vieille femme bientôt sans domicile... Bien mal lui en prend : Mme Ganush est une espèce de sorcière-gitane. Et ça risque de piquer un peu plus que pour Angel, croyez-moi.

Car la vieille en elle-même est déjà une sacrée malédiction. Là où d'autres pommes ridées se seraient contenté d'agiter un doigt crochu, Mamie Ganesh donne d'elle-même et (se) défonce tout sur son passage. Presque aussi inquiétante que le démon, et matière à sursauts, Freddy aurait beaucoup à apprendre d'elle.
Il faut dire que les griffes du nouveau Freddy sont plus charismatiques que leur porteur. Jackie Earle Haley faisait un bon Rorschach sous ses bandages, mais je trouve sa gueule un peu trop gentille pour aller se couper une petite tranche de djeun'z. Remarquez, lesdits djeunz ne sont pas mieux lotis. La blonde, la brune, le beau gosse et le simili-Robert-Pattinson-presque-moche (si, si) s'en donnent à coeur joie du haut de leur... quoi ? 23 ans ? 24 en moyenne après vérification. Pour jouer des lycéens. C'est se foutre de la gueule du spectateur, car bien que la pratique soit courante, elle est ici grosse comme une flaque de sang sur un bureau. Je n'y crois pas une seconde.
Les personnages n'ont aucune logique ("on tue ma copine à côté de moi, je suis plein de sang mais je ne vais pas voir les flics, ce serait trop facile haha ! Non je pars voirl'autiste-artiste du groupe. A minuit, et sans me changer!") et leurs motivations fleurent bon avec le... rien.
Ok, Alison Lohman, alias Christine, promène dans JEF une sacrée "tête de victime" ((c) Aka) aux allures d'Emma Watson, mais au moins elle suit sa propre logique avec entrain, voire courage, bien que certains choix restent discutables. Les ados de Freddy, eux, sont à baffer. Pardon, à griffer. La tête de chien battu de Kyle Gallner m'émeut et n'a rien à envier à Alison en mode persécutée, mais il ne parvient pas à relever le niveau : trop mou, trop illogique... Comme les autres. Et comme l'intrigue. Tout semble brouillon. Allez, vous m'en mettrez une tranche gratuite, si possible.
JEF n'est pas exempt de défauts, mais si on omet le "coup du chat" pas très justifié, qui aurait pu être le "coup de l'animal rescapé de l'abattoir" et rebelote pour un condamné à mort à la fin, le tout est à peu près cohérent. A peu près. Hé, on est dans un film d'horreur, ça ira. Oui mais Freddy ? Freddy, lui, il fait upper des vidéos en ligne par des morts, pour ne citer que ça. Freddy il roxxe dans l'illogisme. Freddy est Chuck Norris.
Alors bien sûr, on sursaute devant lui. Mais plus important, on sait qu'on va sursauter. Et c'est tout. Pas de ventre tordu, pas de suspens, et même pas de révélations choc. Un soufflé qui retombe de façon monumentale comme si on avait planté son doigt dedans. Aller plus en avant dans la critique serait spoiler, ou se poiler, c'est selon le point de vue, tellement la fin par exemple est ridicule.
L'espèce de "time-lock" (derniers survivants d'une "liste") est sous-exploité, là où celui des trois jours dans JEF nous maintient en haleine jusqu'au dernier moment. Et on a beau deviner comment tout se finira dans les deux cas, il n'y a pas photo : JEF vous entraîne dans une tragédie grecque à rebondissements là où Freddy gratouille la terre avec ses papattes pour creuser sa propre tombe. Il a bien raison, ça lui fera au moins un chez lui potable ! Car les décors sont une mascarade chez le découpeur : grenier mal éclairé, salle de bain à psychoses, usine désaffectée, école de nuit, cave glauque sur cave glauque (bien redondantes, d'ailleurs... Je n'en dis pas plus.) Toute la panoplie du parfait petit monde de l'horreur. Ok pour les remakes, mais on peut s'éloigner du kitsh d'Atmosfear, non ?
Chez JEF, finie l'enfilade de décors inutiles. Contrairement aux ados de Freddy, ce film n'habite plus chez ses parents et propose quelques ambiances triées sur le volet et plus fouillées, sinon originales. Mention spéciale à l'antre de Rham Jas, qui est par ailleurs mon petit chouchou du film. A la fois guignolo qui vend ses CD musicaux en vitrine et soutien moins lâche qu'on ne le croirait, ce démagnétiseur au charme magnétique se reflète dans sa boutique au gros néon comique et aux bouquins inquiétants. Ni trop poussiéreux, ni trop cheap, le soin apporté aux détails est appréciable. Le making-of est prolixe à ce sujet, mais croyez-moi, on le remarque même sans ! En tout cas, j'ai personnellement beaucoup aimé les décors de ce film.
Enfin, là où Freddy se prend un peu trop au sérieux, et où ses rares répliques débiles tombent à plat, pour le coup, JEF fait l'effort de proposer à la fois de l'horreur, du gore et de l'autodérision. Le passage du bouc est tout simplement hilarant, tandis que d'autres sont à grimacer bien fort pour les petites âmes sensibles dans mon genre. En fait, c'est un peu un captain obvious depuis le début, mais JEF est bien mieux réalisé que Freddy. (dada.)
Bien sûr, il n'est pas parfait, mais la comparaison des deux a au moins le mérite de rappeler que si on ne prend pas le genre pour un truc de demeurés, il y a matière à recycler la peur dans de bons divertissements.
Maintenant, problème personnel : on a offert ce blu-ray à Aka avec Klo
et c'est donc chez elle que j'ai pu le voir. Contrairement à Freddy, le Lamia drainera mon porte-monnaie jusqu'en enfer, histoire d'en acquérir une copie. Je ne passerai pas par le rayon jardinage saluer l'ami aux brochettes recyclées, mais JEF mérite peut-être de tendre sa carte bleue au diable ;)
Au niveau attente, les deux ne partaient pas au même niveau pour moi. Bien que Jusqu'en enfer m'évoquait un peu un nanard par son affiche, son réalisateur rassure un peu et je me méfiais bien plus d'une einième resucée de Freddy. Mais autant j'ai pu avoir de bonnes surprises en partant de mauvais à-priori (je suis ouverte là-dessus), autant pour le coup...
Pourtant, si Freddy ne promet pas de grandes surprises, JEF ne table pas non plus sur une intrigue super originale. Christine Brown, employée d'une banque, est bien trop gentille mais brigue une promotion. Elle se "force" donc à refuser la prolongation de prêt d'une vieille femme bientôt sans domicile... Bien mal lui en prend : Mme Ganush est une espèce de sorcière-gitane. Et ça risque de piquer un peu plus que pour Angel, croyez-moi.
Car la vieille en elle-même est déjà une sacrée malédiction. Là où d'autres pommes ridées se seraient contenté d'agiter un doigt crochu, Mamie Ganesh donne d'elle-même et (se) défonce tout sur son passage. Presque aussi inquiétante que le démon, et matière à sursauts, Freddy aurait beaucoup à apprendre d'elle.
Il faut dire que les griffes du nouveau Freddy sont plus charismatiques que leur porteur. Jackie Earle Haley faisait un bon Rorschach sous ses bandages, mais je trouve sa gueule un peu trop gentille pour aller se couper une petite tranche de djeun'z. Remarquez, lesdits djeunz ne sont pas mieux lotis. La blonde, la brune, le beau gosse et le simili-Robert-Pattinson-presque-moche (si, si) s'en donnent à coeur joie du haut de leur... quoi ? 23 ans ? 24 en moyenne après vérification. Pour jouer des lycéens. C'est se foutre de la gueule du spectateur, car bien que la pratique soit courante, elle est ici grosse comme une flaque de sang sur un bureau. Je n'y crois pas une seconde.
Les personnages n'ont aucune logique ("on tue ma copine à côté de moi, je suis plein de sang mais je ne vais pas voir les flics, ce serait trop facile haha ! Non je pars voirl'autiste-artiste du groupe. A minuit, et sans me changer!") et leurs motivations fleurent bon avec le... rien.
Ok, Alison Lohman, alias Christine, promène dans JEF une sacrée "tête de victime" ((c) Aka) aux allures d'Emma Watson, mais au moins elle suit sa propre logique avec entrain, voire courage, bien que certains choix restent discutables. Les ados de Freddy, eux, sont à baffer. Pardon, à griffer. La tête de chien battu de Kyle Gallner m'émeut et n'a rien à envier à Alison en mode persécutée, mais il ne parvient pas à relever le niveau : trop mou, trop illogique... Comme les autres. Et comme l'intrigue. Tout semble brouillon. Allez, vous m'en mettrez une tranche gratuite, si possible.
JEF n'est pas exempt de défauts, mais si on omet le "coup du chat" pas très justifié, qui aurait pu être le "coup de l'animal rescapé de l'abattoir" et rebelote pour un condamné à mort à la fin, le tout est à peu près cohérent. A peu près. Hé, on est dans un film d'horreur, ça ira. Oui mais Freddy ? Freddy, lui, il fait upper des vidéos en ligne par des morts, pour ne citer que ça. Freddy il roxxe dans l'illogisme. Freddy est Chuck Norris.
Alors bien sûr, on sursaute devant lui. Mais plus important, on sait qu'on va sursauter. Et c'est tout. Pas de ventre tordu, pas de suspens, et même pas de révélations choc. Un soufflé qui retombe de façon monumentale comme si on avait planté son doigt dedans. Aller plus en avant dans la critique serait spoiler, ou se poiler, c'est selon le point de vue, tellement la fin par exemple est ridicule.
L'espèce de "time-lock" (derniers survivants d'une "liste") est sous-exploité, là où celui des trois jours dans JEF nous maintient en haleine jusqu'au dernier moment. Et on a beau deviner comment tout se finira dans les deux cas, il n'y a pas photo : JEF vous entraîne dans une tragédie grecque à rebondissements là où Freddy gratouille la terre avec ses papattes pour creuser sa propre tombe. Il a bien raison, ça lui fera au moins un chez lui potable ! Car les décors sont une mascarade chez le découpeur : grenier mal éclairé, salle de bain à psychoses, usine désaffectée, école de nuit, cave glauque sur cave glauque (bien redondantes, d'ailleurs... Je n'en dis pas plus.) Toute la panoplie du parfait petit monde de l'horreur. Ok pour les remakes, mais on peut s'éloigner du kitsh d'Atmosfear, non ?
Chez JEF, finie l'enfilade de décors inutiles. Contrairement aux ados de Freddy, ce film n'habite plus chez ses parents et propose quelques ambiances triées sur le volet et plus fouillées, sinon originales. Mention spéciale à l'antre de Rham Jas, qui est par ailleurs mon petit chouchou du film. A la fois guignolo qui vend ses CD musicaux en vitrine et soutien moins lâche qu'on ne le croirait, ce démagnétiseur au charme magnétique se reflète dans sa boutique au gros néon comique et aux bouquins inquiétants. Ni trop poussiéreux, ni trop cheap, le soin apporté aux détails est appréciable. Le making-of est prolixe à ce sujet, mais croyez-moi, on le remarque même sans ! En tout cas, j'ai personnellement beaucoup aimé les décors de ce film.
Dileep Rao, alias l'excellent Rham Jas
Enfin, là où Freddy se prend un peu trop au sérieux, et où ses rares répliques débiles tombent à plat, pour le coup, JEF fait l'effort de proposer à la fois de l'horreur, du gore et de l'autodérision. Le passage du bouc est tout simplement hilarant, tandis que d'autres sont à grimacer bien fort pour les petites âmes sensibles dans mon genre. En fait, c'est un peu un captain obvious depuis le début, mais JEF est bien mieux réalisé que Freddy. (dada.)
Bien sûr, il n'est pas parfait, mais la comparaison des deux a au moins le mérite de rappeler que si on ne prend pas le genre pour un truc de demeurés, il y a matière à recycler la peur dans de bons divertissements.
Maintenant, problème personnel : on a offert ce blu-ray à Aka avec Klo



2 coms en terre. Plante le tien.:
C'est bien beau tout ça, mais ça ne répond pas à LA vraie question qui nous taraude tous, lecteurs :
... t'as crié ? :D
Peut-être :p
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